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Communication Corporate — Le projet d’entreprise : cathédrales et châteaux en Espagne

Category: Autres Published on 13 Nov, 2012
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Le projet d’entreprise est un formidable outil de mobilisation et de dynamisation. Trop souvent pourtant, il est vécu comme le château en Espagne ou la chimère de dirigeants jugés trop éloignés de la réalité. La communication vient toujours exprimer le projet. Mais elle doit aujourd’hui, avant tout, le traduire, le désacraliser, pour lui rendre tout son sens dans le quotidien de chacun. Un chantier bien maîtrisé par nos experts Aressy.

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Le promeneur croise un groupe d’hommes, masse en main, au bord du chemin.

– « Bonjour, que faites-vous donc ? »
– « Moi ? je casse des pierres »
– « Moi aussi », disent les autres.
Mais l’un d’entre eux, visage éclairé, précise :
– « Moi ? Je construis une cathédrale ! »

Peter Drucker, Francis Oppenheim et tant d’autres nous le rabâchent depuis des lustres. Nos écoles de management s’en sont fait le relais. Et nos managers ont bien sûr sauté sur une aussi belle occasion de mobiliser toutes leurs troupes de « casseurs de pierres »… Ce qui compte, c’est le projet !

Depuis quelques décades, le « projet d’entreprise » s’est imposé comme une icône de l’entreprise moderne. Il donne du sens, il propose un but, un objectif commun. Il devient le support d’une mobilisation et d’une solidarité que tous les managers appellent de leurs vœux.

Aujourd’hui, nous construisons tous une cathédrale !

Mais toutes les bonnes choses ont, semble-t-il, une fin. Ainsi les salariés en exercice aujourd’hui soulignent avec vigueur que le projet d’entreprise est un bien faible ressort de leur motivation.

Pour revenir au « casseur de pierres » ; rencontré plus haut, il est probable que la cathédrale leur semble bien éloignée de leur quotidien. La verront-ils d’ailleurs un jour ? Leurs préoccupations et leurs attentes sont d’une tout autre nature :

– La masse qui me sert d’outil est mal équilibrée.

– Les pierres sont de moins bonne qualité et peu ou mal triées.

– Celles que j’ai cassées attendent parfois longtemps leur ramassage et se retrouvent couvertes de mousse.

– Mes nouveaux compagnons connaissent bien mal la pierre et le métier.

– Les jours où je casse mieux et plus de pierres, personne n’en prend acte.

– On ne m’a jamais dit si mes pierres servaient à un mur, une flèche ou un pilier.

En un mot, le contenu au quotidien de ma mission, les moyens mis à ma disposition, la reconnaissance de mon travail, ne semblent intéresser personne et n’ont jamais fait l’objet d’une conversation, d’une réflexion, d’une décision.

Alors, cathédrale ou château en Espagne ?

La cathédrale du projet initial, présentée et magnifiée hier, est aujourd’hui devenue aux yeux de tous les casseurs de pierres, le château en Espagne de managers qu’ils ne connaissent pas et qui leur paraissent chaque jour plus lointains, plus virtuels, plus différents.

Pour autant doit-on abandonner l’idée d’un « projet d’entreprise » ? Non bien sûr.

Gardons le bébé ; gardons aussi l’eau du bain ! Soyons simplement plus lucides ! Entre la pierre et la cathédrale… Ciel ! Un homme ! Et même, plusieurs !

Chacun a une mission, remplit une fonction, anime ou fait partie d’une équipe, organise sa relation avec les autres. Ensemble, ils partagent leur quotidien, un avenir et une culture.

Présenté aux publics externes, le projet d’entreprise a vocation à être synthétique, séduisant, significatif. Il en va de même auprès des publics internes bien sûr. Toutefois, s’il ne s’en tient qu’à cela, ses chances d’être mobilisateur sont bien minces.

Le contenu de sa mission, son périmètre de responsabilité sont les deux leviers essentiels de la motivation de chacun dans son travail. Contenu et périmètre qui se vivent et se partagent au quotidien. Ici se trouve la clé du succès : sans traduction quotidienne, pour chacun, pas de projet possible.

Le projet d’entreprise, au-delà de son expression synthétique, se doit donc d’être « traduit ». Sa traduction implique d’apporter des réponses précises à des questions aussi simples que nombreuses.

– Que devient ma mission ? Celle des autres ? Celle de mon équipe ?

– Quels moyens (humains, financiers, techniques…) met-on à ma disposition ?

– Quels objectifs sont les miens pour demain ? Pour plus tard ?

– Quels méthodes et process sont-ils les plus adaptés ?

– Quelles formations et quelle organisation semblent les plus adaptées ?

– Quels outils de mesure pour évaluer ses efforts spécifiques ?

– Quel système de reconnaissance et de rémunération vient saluer l’atteinte de ces objectifs nouveaux ?

Culture et quotidien l’emportent sur toute stratégie

Le chantier est long, ingrat, minutieux. Il demande patience et précision. Il est aussi le passage obligé pour convaincre, dynamiser et mobiliser les équipes de l’entreprise autour d’un objectif commun.
Ainsi traduit, le projet d’entreprise est passé au filtre de la culture de l’entreprise, des valeurs partagées par tous, des postures jusque-là adoptées par chacun. En les intégrant, il définit la nécessité de les affirmer, de les abandonner, de les faire muter.

Dans tous les cas de figure, il les respecte. Vient alors le temps, et alors seulement, de la communication, de la présentation et du partage d’un projet pour qu’il devienne celui de tous, dans l’entreprise. Une communication/conversation, une communication/écoute, une communication/partage.

Nous avons, dans une publication récente, déjà abordé ses contours dans le détail. Pour mémoire : elle oublie le réflexe « top-down », elle privilégie l’oralité et les supports papier, intègre les réseaux et le 2.0 propices à la reconnaissance de chacun, etc..

Et comment faire autrement ! « Culture trumps strategy, everytime, everywhere », comme nous le rappelle la Harvard Business Review.

Olivier Lanusse-Cazalé

CEO Aressy – Brand to Business Communication

olc@aressy.com

Article publié sur http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/management/rh/221155291/projet-entreprise-cathedrales-et-chateaux-espagne

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